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Chaque mot semblait appartenir Ă un autre univers.
Ce que traverser un deuil nous rĂ©vĂšle sur nous-mĂȘmes
Le retour sâest fait en silence. Dehors, rien nâavait changĂ© â les passants discutaient, les voitures circulaient, le ciel restait lumineux. Ce dĂ©calage entre le monde intĂ©rieur et la rĂ©alitĂ© extĂ©rieure dit quelque chose de fondamental : nos repĂšres les plus solides peuvent sâĂ©crouler sans que personne autour ne le remarque.
Ce soir-lĂ , pas de quĂȘte de rĂ©ponses dĂ©finitives. Seulement dâanciens messages relus plusieurs fois, de petites notes retrouvĂ©es au fond dâun tiroir, de souvenirs simples et prĂ©cieux. Le prĂ©lĂšvement figurait toujours sur le relevĂ©, immuable, mais il avait perdu son caractĂšre accusateur. Il Ă©tait devenu autre chose â une interrogation suspendue, ouverte.
Parce que le deuil, on finit par le comprendre, nâobĂ©it Ă aucun calendrier prĂ©cis. Câest une dĂ©cision renouvelĂ©e chaque matin de continuer Ă vivre. Et lâamour, quant Ă lui, ne se soumet Ă aucune Ă©chĂ©ance.
Certaines histoires ne sâachĂšvent pas vraiment â elles se transforment, doucement, en quelque chose dâautre.